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Les 10 ans de l'ALCT |
Voici les premières photos de la réception offerte par M.
le Maire de Paris, à l'occasion
des 10 ans de l'ALCT, le 20 juin. N'hésitez pas à
nous envoyer vos photos et commentaires,
nous les ajouterons à ceux-ci.
de gauche à droite : Faiza Kefi, ambassadeur de Tunisie
en France, Bertrand Delanoë, Maire de Paris, Philippe Séguin,
ancien Président de l'Assemblée Nationale, Michel Hayoun,
Faiza Kefi, Ambassadeur de Tunisie, Bertrand Delanoë, Maire
de Paris
Philippe Séguin, ancien Président de l'Assemblée
Nationale,
écoutant le discours,(ci-dessous) de Michel Hayoun, Président
de l'ALCT:
Ce soir, nous avons dix ans
Quelle association peut se
targuer aujourd'hui à Paris de réunir en son sein des personnes
aussi différentes ? :
- les familles étaient
italiennes, françaises, tunisiennes, maltaises, grecques, russes,
chrétiennes, juives, musulmanes.
- les parents étaient
artisans, médecins, agriculteurs, fonctionnaires, employés,
diplomates, commerçants…
- les élèves
ont traversé toutes les grandes périodes de notre 20ème
siècle, le protectorat, la seconde guerre mondiale, l'indépendance.
Et, ce soir, nous sommes là
tous ensemble. Qu'est qui nous relie? Qu'est ce qui fait tenir cette quadrature
du cercle ? qu'est ce donc qui explique cette alchimie ? :
Nos années lycées
- par l'excellence de
l'enseignement basé sur les valeurs universelles - du fond du
cœur, merci à tous nos professeurs -
- par l' " esprit Carnot
", cette ouverture, cette compréhension plus aiguisées,
des êtres et des situations qu’ont souvent tous les anciens passés
par ce lycée du soleil, structurés par cette belle langue
française mais nourris par d'autres "terroirs", d'autres saveurs,
d'autres odeurs.
- par ce sens indéfectible
de la camaraderie : les amitiés forgées dans ce lycée
sont de celles que la vie ne dément pas.
L'ALCT puise donc sa force
dans cette mémoire, je dis bien mémoire et non pas nostalgie
; mais aujourd'hui, elle doit jouer pleinement son rôle dans la société
civile en France.
Dans un monde de doute et
d'inquiétude, cette manifestation dans les salons de l'Hôtel
de Ville de Paris - M. le Maire, j'en profite pour vous remercier de votre
chaleureuse hospitalité - cette manifestation, sous le signe de
la francophonie, est donc la preuve de la vitalité des idéaux
que nous défendons, tous ici.
A tous nos prochains rendez-vous!
l'expo de photos
Claude Hagège, écrivain et linguiste
Philippe Séguin, ancien Président de l'Assemblée
Nationale
Edito de la lettre d'information n°19
"Je suis du lycée Carnot, par mes cousins"
C'est par ces mots que Bertrand
Delanoë s'est généalogiquement "branché"
sur le lycée Carnot. Et nous, nous sommes tous apparentés
à la Mairie de Paris par les cousins du Maire.
Agglutinés aux photos
de classe pour nous reconnaître, reconnaître un oncle, un grand
frère, un père, nous avons trouvé à nos côtés,
le fils du photographe. Celui qui, de France, venait chaque année
photographier tous les élèves des lycées français
d'Afrique du Nord. Malheureusement les clichés ont disparu
dans les nombreux déménagements familiaux. Mais le fils,
photographe lui-aussi, était là, bien présent, ému
de retrouver la pâte du père.
Les professeurs sont venus nombreux,
parfois de province pour l'événement : M.Brun notre
prof. de philo à l'accent de Brassens, M. Zeitoun le professeur
de physique aux expériences périlleuses et tant d'autres.
D'un appel de micro, les voilà
tous sur l'estrade. Claude Hagège, écrivain et linguiste,
essaye de frayer un espace vocal aux quelques phrases que nous attendions,
le brouhaha des retrouvailles gênait l'écoute. c'est alors
que M. Brami, retrouvant son coffre de surveillant général,
a rapidement ramené la salle au silence.
Oubliées les années
! Oubliées les querelles ! le lycée Carnot aurait réconcilié
le Grand Turc avec la République de Venise ! Poignée de mains
de Bertrand Delanoë et Philippe Séguin ! Une vraie famille,
celles des fâcheries qui ramènent à la réconciliation.
Symbole de cette symbiose, se retrouvant sur la
même longueur d'onde, Madame l'Ambassadeur de Tunisie Faiza Kefi,
Taoufik Ben Ghars, Président de l'Association Carnot à Tunis
et Michel Hayoun, son homologue de ce côté de la Méditerranéee,
échafaudaient des projets communs.
Et nous avons été
heureux d'apprendre que Bertrand Delanoë fait tout pour aider le théâtre
municipal de Tunis, même si parfois le souvenir de notre berceau
culturel nous rend nostalgiques.
Nous avons rencontré
des hommes et des femmes politiques de (presque) tous les bords. Beaucoup
ignoraient leurs racines scolaires communes. Tous les échelons
sociaux, les itinéraires les plus variés, se croisaient.
Il est cependant important ,
nous semble-t-il, de noter que cette fois des amis de nos adhérents
se sont joints à cette grande fête, certains originaires d'Alger
ou du Maroc. Ne venaient-ils pas chercher une nouvelle voie de rassemblement
sur d'autres points "communs" que la politique, la religion ou la profession.?
Comme si ce ciel bleu sur nos têtes d'enfants ou d'adolescents,
cette mixité des langages et des coutumes avaient créé
une identité subtilement façonnée qu'aucune structure
ne reflète actuellement à Paris.
Dix ans de succès "d'une
petite bande de copains" comme le rappelait notre président .
Un succès qu'a su très amicalement
savourer notre président d'honneur, Philippe Séguin.
Peut-être un jour la caméra de Serge
Moati témoignera-t-elle de notre Odyssée ?
Hélène Hayat - lc 61/let.sup.
Secrétaire générale
Ce Prix a distingué des
élèves qui, par la qualité de leur rédaction
française et la validité de leurs argumentations, ont le
mieux illustré les valeurs d’ouverture que défend l’association.
Les 9 lauréats à l'Hôtel
de Ville de Paris
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Pourquoi le prix ?
Ce Prix est la manifestation de la continuité francophone en Tunisie durant tout ce siècle : des élèves - venant de tant de communautés différentes qui ont appris le français et la culture française sur les bancs du lycée Carnot -aux jeunes tunisiens du lycée Bourguiba, tous partagent cette langue, cette culture et les valeurs humanistes qu’elles véhiculent.
Ce Prix est un témoignage vivant de ce que la relation franco-tunisienne a de fécond pour l’avenir, et, ce faisant, il renforce les liens entre tous les " anciens ", partout où ils se trouvent, en leur donnant l’opportunité de restituer, ne serait-ce que symboliquement à la Tunisie, pays de leur enfance, à ce lycée français, à leurs professeurs, un peu de tout ce bonheur qu’ils y ont reçu.
Le règlement
Les candidats admis à concourir ont été les 116 élèves de 6ème année (première), 100 élèves des classes de 5ème année (seconde), 100 élèves des classes de 4ème année (troisième). Pour les classes de 5ème et 4ème années, les élèves ont été sélectionnés de la façon suivante : les 5 premiers en français de chaque classe (17 classes) et pour les suivants, par leurs meilleures moyennes générales.
.Le dèroulement
Le concours a eu lieu le 17 mai
1997 de 8 h. à 11 h. auprès de 306 candidats sur le sujet
suivant " Vous vous apprêtez à jeter une bouteille à
la mer contenant un message en souhaitant qu’elle soit retrouvée
par un jeune de votre âge sur les rives françaises. Rédigez
la lettre que vous allez mettre dans cette bouteille ".
9 lauréats (3 de chaque
niveau) ont été sélectionnés à Tunis
le 31 octobre 1997, après une difficile présélection
de 30 très bonnes copies.
Compte rendu dans notre lettre d'information n°8:
Caméra au poing, appareils de photo en bandoulière nous faisions touristes boulimiques. Il fallait assumer le décalage. Etrangers en Tunisie ? Ce matin même nous mettions nos pas dans nos pas, et l’un de nous reprenait le trajet avenue Jules Ferry-lycée Carnot comme bien des matins. Nos décomptes d’années s’emmêlaient.
Le flash-back terminé, nous endossons nos rôles d’examinateurs. Accueillis par le responsable des examens nationaux et par Madame Zalila Nozha directrice du lycée, nous sommes invités à constater la parfaite régularité du concours : enveloppes cachetées contenant le sujet, système d’anonymat, classement par niveau, convocations...
Escortés par la directrice
nous faisons le tour des classes. Les élèves, en majorité
des filles, se lèvent respectueusement. Ils portent un uniforme
bleu marine, les professeurs nous reçoivent avec complicité.
Quelques mots échangés sur le sujet :
" Vous vous apprêtez à
jeter une bouteille à la mer contenant un message en souhaitant
qu’elle soit retrouvée par un jeune de votre âge sur les rives
françaises. Rédigez la lettre que vous allez mettre dans
cette bouteille ".
Certains l’attendaient plus
pointu, mais dans l’ensemble ils sont satisfaits.
Nouveau flash-back incontrôlable
: comme ils nous ressemblent à l’âge que nous avons laissé
dans ces murs.
L’épreuve terminée, ils nous accordent une interview. Très à l’aise dans un français naturellement pur, un académisme spontanément lyrique, ils jonglent avec ces expressions colorées que nous avons progressivement perdues dans la foire d’empoigne parisienne.
La correction des copies est un véritable régal. Le lycée actuel, établissement pilote glane les meilleurs éléments du pays et forme ses futurs cadres et dirigeants.
Par un brillant calcul notre président répartit les copies aux 12 correcteurs. Après une double correction, une trentaine de candidats restent en lice. La lecture à haute voix de leur prose a constitué un des moments fort de ce concours. La magie du verbe était là.
Comme nous confiait l’un d’eux,
taquin " auparavant les muses inspiraient le poète, aujourd’hui
notre muse est une association, celle des Carnozaures ".
Hélène Hayat –
Secrétaire générale (lc 1961 let.sup.)
Compte rendu dans notre lettre d'information n°9:
Le Vendredi 31 octobre au soir, dans la salle des fêtes du lycée Bourguiba ex-Carnot pleine " d’anciens " de Tunisie et de France, s’est déroulée une " étonnante cérémonie " (dixit Alain-Gérard Slama dans sa chronique du Figaro du 30 octobre) : la remise de Prix des anciens élèves du lycée Carnot aux élèves du lycée-pilote Bourguiba.
Les 9 lauréats, ont reçu leurs prix des mains des personnalités, membres du jury : un séjour d’une semaine à Paris lors des vacances scolaires du mois de mars.
Au départ, initier des liens avec les lycéens de Bourguiba, les resserrer avec nos camarades de Tunis à travers ce geste symbolique de la remise de Prix, nous semblait une gageure. Ce projet, dont l’idée revient à notre Président d’honneur, M. Philippe Séguin, n’a été possible que grâce à toutes les bonnes volontés en Tunisie et en France.
Hichem Medhi, mon homologue, et les membres de son bureau n’ont pas ménagé leurs efforts pour réussir l’ensemble des manifestations programmées. Madame Nozha Zalila, la directrice du lycée Bourguiba, fut notre hôtesse attentive et charmante tout au long de cette année.
Le Ministre de l’Education, M. Ridha Ferchiou qui présida le jury d’honneur , M. Hachem Mansour chef de cabinet et ses collaborateurs ont, par leur disponibilité et leur présence, facilité grandement la réalisation de cet événement. M. Mongi Bousnina, Ambassadeur de Tunisie en France nous a " ouvert les portes ". M. Mohamed Ali Bouleymen, Maire de Tunis, clôtura toute cette semaine de réjouissances par une réception à Dar Lasram.
M.Jacques Lanxade, Ambassadeur de France en Tunisie membre du Jury, présent à toutes les manifestations, M. Philippe Bastélica Conseiller Culturel, Directeur de l’Institut de Coopération Français, M. Bernard Couty, Conseiller Culturel adjoint, chargé de l’Education ont été nos soutiens constants.
" C’est pour nous, anciens, l’occasion
de vivre le futur de notre passé au présent ". Lorsque j’ai
prononcé cette phrase devant les jeunes lycéens au début
de la cérémonie, ils ont été intrigués,
intéressés et, avec raison : retravailler sur notre histoire
commune après plusieurs dizaines d’années d’absence est une
démarche enrichissante pour les deux pays.
La suite de cet événement
côté français au mois de mars 1998 !
Michel Hayoun –Président (LC 1966.prep hec)
Je n’oublie pas de signaler la
présence à cette cérémonie de nos professeurs
; Mme Pérusat-Bardi, professeur de français-latin, M. et
Mme Castel, professeurs d’anglais, M. Valenza, professeur de math., M.
Dupuy, professeur d’anglais au lycée de Mutuelleville et censeur
à Carnot de 1969 à 1975.
Le lycée Carnot, la Tunisie,
la France, toute une histoire...
9 lycéens du lycée
Bourguiba ex-Carnot, lauréats du Prix de l’ALCT
arrivent à Paris du 19
au 26 mars
. Une semaine à Paris
Pendant la semaine du 19 au 26
mars,les lauréats seront accueillis et guidés par les membres
de l’A.L.C.T. Ils sympathiseront avec des jeunes de leurs âges en
particulier avec ceux du lycée Carnot où ils assisteront
à un cours de français en commun. Ils seront reçus
à l’ambassade de Tunisie et à l’Hôtel de Ville de Paris.
Et bien sûr, parmi les richesses de la capitale, ni le Louvre ni
la Géode n’échapperont à leur curiosité.
. Une grande rencontre
Une réception dans les
salons de l’Hôtel de Ville, le 25 mars à 18h30, en présence
du Maire de Paris et des personnalités " anciennes " du lycée
Carnot, ainsi que de nombreux invités sensibles à la relation
franco-tunisienne, aura lieu en l’honneur des jeunes lauréats, porteurs
de la langue et de la culture française en Tunisie.
Cette assemblée sera
la plus grande réunion jamais organisée d’ " anciens " des
lycées français à l’étranger, plus de 800 personnes.
Compte rendu dans notre lettre d'information n°10:
Le message
De la bouteille à la mer
(sujet du concours), aux ailes de Tunis-Air, les lauréats du prix
décerné par notre association nous ont porté leur
message.
La grande salle de l’Hôtel
de Ville suffisait à peine à contenir notre enthousiasme.
Les visages décriptés, déridés par nos yeux
perspicaces, se reconnaissaient, reprenaient leurs traits d’adolescent,
chaque pas nous retenait. Parfois, d’une sincérité, que seule
permet la vieille amitié : " plus de cheveux ! du ventre ! .. tu
as la totale ! tu as de la chance que j’t’ai reconnu ". Certains pourtant
ne s’étaient pas perdus de vue, un mariage ou... un enterrement
; Mais comme le remarquait Paul C. " nous nous sommes plutôt revus
par communauté, alors que j’ai rencontré là, d’anciens
copains de tout horizon ".
Le Maire de Paris, empêché, était représenté par notre ami Adrien Bédossa. Choix des plus judicieux. La chaleureuse officialité de son accueil nous a touchés et nous lui pardonnons volontiers d’être du lycée de Carthage et non de Carnot comme il s’est amusé à le préciser. Le séjour de nos lauréats sous la discrète surveillance de leur professeur madame Zmerli a ensuite été évoqué : la Géode, le Louvre, un cours sur AUBE de Rimbaud au lycée Carnot de Paris, la projection du Titanic sur le Grand Ecran Italie, la réception à l’Ambassade de Tunisie où M. Philippe Séguin les a félicités.
Les membres du bureau les ont souvent accompagnés. Nous, immigrés malgré tout, immigrés malgré nous, nous faisions visiter cette " ville qui nous avait pris dans ses bras " il y a toute une vie d’homme. Difficile de la présenter comme l’on proposerait un tour du propriétaire. Nous leur offrions plutôt notre " après-Tunis ", avec un degré d’enracinement, sur le sol français, très fluctuant. Situation troublante, inconfortable. Le dernier soir, dans l’auberge de jeunesse du Marais, peut-être le violon nostalgique de Ghassen nous y a-t-il invités, nous sommes restés à parler longuement. Ils nous ont raconté leur lycée nous leur avons raconté le nôtre. Nos classes " melting-pot ", notre vie là-bas, mais aussi notre arrivée brutale en pleine adolescence, dans ce monde gris et froid auquel nous ne nous attendions pas. Les déchirures familiales. La souffrance des plus âgés qui ne reconnaissaient plus leur vie. Et nous avons eu droit au plus beau des cadeaux : une question dans toute sa simplicité, dans toute son innocence, que nous posa l’un d’eux : " pourquoi êtes-vous partis ? " Nous n’avons pas répondu.
Les mois ont passé. Nous
avons l’impression d’avoir reçu des "Petit Prince ", dont le questionnement
tout neuf a remué en nous ce qui s’y était assoupi et l’éclaire
de l’AUBE d’une ère nouvelle. N’était-ce pas là leur
message ?
Hélène Hayat –
Secretaire générale